
Côte d’Ivoire : Le climat politique se tend à l’approche du scrutin présidentiel.
Soixante candidatures ont été déposées pour l’élection présidentielle ivoirienne du 25 octobre 2025, parmi lesquelles figurent celles de Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam, bien qu’ils soient officiellement inéligibles. Gbagbo, ancien président et chef du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), est radié pour une condamnation judiciaire, tandis que Tidjane Thiam, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), a été exclu pour des questions de nationalité. Malgré cela, les deux ont justifié leur candidature par un appel populaire au changement.
La Commission électorale indépendante (CEI) va transmettre ces candidatures au Conseil constitutionnel, qui doit valider la liste définitive d’ici le 10 septembre. Le président sortant Alassane Ouattara a également déposé sa candidature, visant un quatrième mandat qu’il justifie par l’appel de nombreux Ivoiriens au maintien de la paix et du développement, mais cette candidature est contestée par l’opposition comme étant inconstitutionnelle.
Parmi les autres candidats notables figurent Pascal Affi N’Guessan, Simone Ehivet Gbagbo, ex-épouse de Laurent Gbagbo, ainsi que Ahoua Don Mello, Jean-Louis Billon, et Antoine Assalé. Une partie importante des candidatures restantes appartiennent à des personnalités moins connues.
Le climat politique se tend à l’approche du scrutin, notamment à cause de la radiation de plusieurs dirigeants d’opposition des listes électorales, ce qui suscite des manifestations et appels à une élection transparente et pacifique.
Si Laurent Gbagbo ou Tidjane Thiam sont déclarés inéligibles pour l’élection présidentielle ivoirienne, cela pourrait avoir des répercussions politiques majeures et potentiellement déstabilisantes. Leur inéligibilité renforcerait le sentiment d’exclusion politique et alimenterait les tensions dans leurs bastions respectifs, ce qui risque de provoquer des manifestations populaires et une montée de contestations contre le pouvoir en place. Cette situation accentuerait la fracture politique déjà très marquée en Côte d’Ivoire, entre opposition et gouvernement, et pourrait faire perdre tout caractère démocratique à l’élection aux yeux d’une partie importante de la population.
Leur exclusion provoquerait aussi une crise de légitimité du processus électoral, avec des accusations de manipulation judiciaire et d’instrumentalisation du code électoral pour écarter les adversaires politiques sérieux du président sortant Alassane Ouattara. Les leaders impliqués défendent leurs candidatures comme un acte de résistance contre une justice perçue comme partiale, ce qui pourrait exacerber la polarisation politique du pays.
La rédaction afrique54.com