Guinée suspension de trois partis politiques

Guinée : La junte au pouvoir a suspendu pour trois mois (90 jours) trois des plus importants partis politiques du pays. 

Vendredi 22 août 2025, la junte au pouvoir en Guinée a suspendu pour trois mois (90 jours) trois des plus importants partis politiques du pays. Le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) a annoncé la suspension.

Il s’agit de l’UFDG, l’un des principaux parti d’opposition dirigé par l’ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo, du Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG), dirigé par l’ex-président Alpha Condé et du Parti du Renouveau et du Progrès (PRP), dirigé par Rafiou Sow.

Interdiction explicite de toute activité politique, manifestation ou propagande à tous les niveaux (siège national, fédérations, sections, sous-sections) pendant la durée de la suspension. Cette décision survient alors que l’opposition et des organisations de la société civile appellent à des manifestations à partir du 5 septembre 2025 pour protester contre la tenue d’un référendum constitutionnel et une présumée volonté de confiscation du pouvoir par la junte dirigée par le général Mamadi Doumbouya.

La campagne pour ce référendum a d’ailleurs été reportée par décret. Pour le ministère de l’Administration du Territoire guinéen, plusieurs motifs précis expliquent cette suspension, la non-satisfaction aux obligations légales prévues par la Charte des partis politiques, notamment le non-respect des exigences liées à la gestion administrative, à la transparence financière (absence de registre bancaire, états financiers, procès-verbaux de congrès, registre des membres, etc.), et la non organisation des congrès requis.

Interrogé ce samedi 23 août 2025 par nos confrères de Guinéenews, Kalémodou Yansané, vice-président chargé des affaires économiques et financières de l’UFDG, a dénoncé une décision incohérente:

« Pour être en règle, le parti avait annoncé la tenue de son Congrès national. Dans un premier temps, le tribunal avait ordonné son report. Mais ensuite, la justice nous a donné le feu vert. Nous avons donc convoqué le Congrès. À 48 heures de l’événement, alors que les congressistes étaient déjà arrivés, le ministère nous a demandé de surseoir à l’organisation.

Et aujourd’hui, le même ministère nous reproche de ne pas avoir tenu le Congrès et nous suspend pour 90 jours. Il y a une incohérence flagrante dans ces décisions. Le ministère nous interdit, puis nous sanctionne pour ne pas avoir fait ce qu’il avait interdit. Qu’est-ce qu’on peut faire ? »

Pour le RPG du Professeur Alpha Condé, cette suspension de partis politiques est une mesure déjà appliquée depuis plusieurs mois. Selon Marc Yombouno, membre influent du bureau politique du RPG, « Le RPG Arc-en-ciel est suspendu depuis longtemps. Vous savez qu’une fois, la police et la gendarmerie sont même intervenues pour disperser une de nos activités, allant jusqu’à arrêter notre secrétaire permanent. Depuis plus de quatre mois, nous n’avons pas pu mener d’activités politiques », a-t-il regretté.

Marc Yombouno, a toutefois exprimé des doutes sur l’authenticité du document ayant circulé sur les réseaux sociaux : « le texte que nous avons vu ne comporte ni référence ni numéro officiel. Nous préférons attendre une communication formelle avant de nous prononcer davantage. »

Ce développement marque une nouvelle étape dans le bras de fer entre la junte et les forces d’opposition à l’approche d’une phase cruciale de la transition politique guinéenne. Cette exclusion réduit la possibilité d’un débat pluraliste et contradictoire, risquant de priver une large frange de la population d’une représentation effective durant un rendez-vous national crucial. Les opposants dénoncent une manœuvre visant à « confisquer » le processus démocratique par la junte au pouvoir.

L’ouverture officielle de la campagne a été reportée, réduisant sa durée et limitant encore plus le temps d’expression des acteurs politiques restants. De nombreux observateurs internationaux et nationaux s’inquiètent du caractère non inclusif du référendum et remettent en question sa légitimité et la sincérité du scrutin si des forces politiques majeures sont mises à l’éca

La rédaction afrique54.com